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Les souffrances émotionnelles
naissent dans le ventre des mamans
(chapitre 3 : début du chapitre)

Pendant l'enfance et l'adolescence et dans notre vie d'adulte, les blessures émotionnelles sont nombreuses et variées. Il semble pourtant qu'elles ne puissent vraiment s'installer durablement en nous que dans la mesure où elles font écho à des événements survenus dans le ventre maternel ou à la naissance.
Une personne victime d’un accident de la route est souvent perturbée, pendant quelque temps, chaque fois qu’elle reprend le volant. Normalement, au fil des jours, sa peur se dissipe et laisse place à un souvenir plus ou moins diffus et lointain. Pour certaines personnes, au contraire, l’émotion reste présente et vivace. Des mois ou des années après, les cauchemars, les angoisses ou encore les crises de panique dès qu’il s’agit de conduire font désormais partie de leur vie. En séance, ces personnes, au-delà de leur accident, revivent toutes un événement particulier survenu dans le ventre maternel.
De même, une rupture affective provoque généralement un tumulte émotionnel difficile à assumer qui, pourtant, va en s’amenuisant, jusqu’à laisser place à l’apaisement. Là encore, certaines personnes, bien des années après, sont encore à vif, incapables de soigner leur blessure. En séance, invariablement, ces personnes se reconnectent sensoriellement avec un événement survenu au cours des premières semaines passées dans le ventre maternel.
L’intégralité des personnes qui ont participé à cette étude avait en commun d’être en souffrance émotionnelle depuis longtemps. En cours de séance, elles ont toutes, sans exception, revécu un ou plusieurs épisodes marquants de leur vie intra-utérine ou de leur naissance pour rencontrer la guérison.

Bien sûr, après la naissance et tout au long de la vie, la qualité de l’environnement psychologique et d’éventuels événements marquants viennent renforcer, densifier, élargir ou spécialiser les blessures survenues dans le ventre maternel. Par exemple, une personne qui, à l’état de fœtus, a été physiquement mise en danger par l’évacuation d’un jumeau non viable deviendra encore plus sensible à toute séparation si, notamment dans son enfance, elle est confrontée à d’autres ruptures violentes. Ce mécanisme est parfaitement décrit par le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. La peur, par une activation neuronale spécifique forme dans notre cerveau la trace sensorielle de l’événement désagréable : le ressenti physique éprouvé est mémorisé et se manifeste par la suite à l’identique, chaque fois en se renforçant, dans toutes les situations perçues, souvent inconsciemment, comme similaires. Cette manifestation correspond à un signal répulsif qui, par prévention, est chargé de nous mettre en alerte d’un danger potentiel.

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