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noter, même si cela semble évident,
que cest la sensation désagréable
ressentie lors de la première expérience
que nous avons peur déprouver à
nouveau. En fait, cest le malaise physique
que nous redoutons. Et nous avons beau nous raisonner,
nous guettons avec angoisse lapparition
des manifestations corporelles vécues la
toute première fois. Et à chaque
circonstance similaire, les mêmes manifestations
se reproduisent. Tout se passe comme si nos peurs
étaient inscrites dans notre corps. Dailleurs,
une fois notre peur désamorcée,
nous pouvons tranquillement penser à la
situation, la raconter, la revivre sans ressentir
quoi que ce soit : comme nous le constatons avec
satisfaction, cela ne nous fait plus rien.
Ce qui vient dêtre dit est déterminant
pour comprendre la provenance de certaines peurs
souvent considérées à tort
comme des peurs « transmises ».
Un enfant qui se brûle aura peur de retrouver
la sensation de « brûlure ».
Il en a fait lexpérience. Mais un
enfant qui voit ses parents paniqués alors
quil sapproche dun feu aura,
apparemment, lui aussi, peur du feu sans pour
autant en avoir fait lexpérience.
En fait, par la suite, à proximité
dun feu, la sensation quil aura peur
de retrouver ne sera pas celle de la « brûlure
» quil ne connaît pas, mais,
inconsciemment, le malaise ressenti face à
la panique excessive des parents. Certes, le feu
est un élément déterminant
de la situation de peur mais cest le ressenti
produit par la réaction de ladulte
qui est redouté. En ce sens, il est erroné
de parler de « transmission ». Il
sagit plutôt de « confusion
». Dailleurs, dans ce type de peurs,
les personnes admettent généralement
avec perplexité quelles ne sont effrayées
par le feu, par lorage, par une souris,
ou par une araignée, quen présence
de quelquun dautre. Confrontées,
seules, à ces situations, elles se rendent
compte que, instinctivement, leur première
réaction est de regarder alentour si quelquun
est présent. Si effectivement elles se
croient seules, aucun malaise napparaît.
La présence du feu, de lorage, de
la souris ou de laraignée est alors
vécue normalement et, souvent, même,
avec curiosité, voire avec de lattirance.
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