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Page 24 ... La qualité de nos émotions conditionne donc systématiquement nos actes. Et le choix est particulièrement restreint. S’il est bien un point sur lequel s’accordent les scientifiques, les thérapeutes et les philosophes, c’est le caractère binaire de l’émotion. Une émotion est soit agréable, soit désagréable. C’est même la condition nécessaire à son existence : confrontés à une situation, l’émotion apparaît seulement si nous éprouvons du plaisir ou du déplaisir.
Côté plaisir, il ne semble pas vraiment prioritaire de se poser des questions. Côté déplaisir, en revanche, il y a fort à faire car, il faut bien l’avouer, nous ne sommes pas très avancés. Les seuls recours relativement universels que nous utilisons pour nous aider, c’est « relativiser » ou « positiver ».
Malheureusement, se trouver de bonnes raisons pour faire pencher la balance du désagréable à l’agréable, si l’on y parvient, n’efface pas le côté obscur de la chose. Il continuera à toujours peser de tout son poids, reprenant le dessus au moindre faux pas, au plus petit doute sur l’une de nos prétendues bonnes raisons. En clair, le mal est toujours là, prêt à ressurgir. Et, en général, il ne s’en prive pas.
Comment alors effacer les “traces” tenaces de nos expériences désagréables ? Est-ce seulement possible ? Les neurologues semblent peu optimistes. Pourtant, quelques rares fois, le “miracle” s’accomplit. Peut-être, même, avez-vous déjà vécu cette expérience très particulière. Une situation désagréable à laquelle vous vous confrontiez régulièrement, qui, d’un coup, au gré d’un événement souvent inattendu, se vide de son contenu émotionnel. Terminé. Cette situation ne provoque plus en vous aucune émotion perturbatrice. Spontanément, la “trace” a été effacée. C’est le “mécanisme” qui rend possible une telle “guérison” que nous allons à présent aborder.